Sony
| Marque | Origine | Création | Spécialités | Modèles emblématiques |
|---|---|---|---|---|
| Sony | Japon (Tokyo) | 1946 | Amplis, lecteurs, enregistreurs numériques | TA-F55, PCM-1600 |
À retenir
Sony est aujourd’hui un conglomérat si vaste (cinéma, jeu vidéo, musique, semi-conducteurs) que son activité hifi n’en est qu’une facette. Mais c’est une facette décisive : c’est une équipe Sony, menée par l’ingénieur Heitaro Nakajima, qui met au point dans les années 1970 la technologie d’enregistrement numérique PCM à l’origine du disque compact — une norme co-écrite avec Philips, dont Sony impose d’ailleurs certains paramètres techniques encore utilisés aujourd’hui.
Des cendres de la guerre à la radio à transistors (1946-1958)
Masaru Ibuka, ingénieur, et Akio Morita, physicien, se sont rencontrés pendant la guerre en concevant des systèmes de guidage pour missiles à tête chercheuse. En mai 1946, ils fondent à Tokyo la Tokyo Tsushin Kogyo (TTK), avec 500 dollars empruntés. Leur premier produit, un cuiseur à riz, est un échec commercial. La suite est plus heureuse : premier magnétophone japonais (le Type-G) en 1950, puis premier poste de radio à transistors japonais en 1955. En 1958, l’entreprise adopte définitivement le nom Sony — contraction du latin sonus (le son) et de l’expression « sonny boy », alors en vogue au Japon pour désigner une jeunesse audacieuse.
L’âge d’or analogique (1958-1970s)
Porté par le boom de l’électronique grand public japonaise, Sony développe dans les années 1960-70 une gamme hifi complète — dont l’intégré TA-F55 illustré ci-dessus, réputé pour sa conception à très faible distorsion. Sony invente aussi, en 1968, le tube Trinitron pour la télévision couleur, et lance en 1979 le Walkman, qui invente à lui seul l’écoute nomade de la musique.
L’invention de l’audio numérique (1974-1982)
Dès 1974, l’ingénieur Heitaro Nakajima met au point le X-12DTC, un prototype d’enregistreur PCM (modulation par impulsions codées) qui convertit le son analogique en données numériques. Sony commercialise en 1977 le PCM-1, destiné au grand public, puis en 1978 le PCM-1600, un enregistreur professionnel utilisant des cassettes vidéo U-matic — qui devient la norme de mastering des tout premiers disques compacts. C’est d’ailleurs la fréquence d’échantillonnage du PCM-1600, 44,1 kHz, héritée des contraintes techniques de la vidéo NTSC, qui deviendra la norme définitive du CD. En 1979, Sony et Philips forment un groupe de travail commun pour standardiser le format ; Sony y impose une profondeur de 16 bits, contre les 14 bits initialement proposés par Philips. Le standard, publié en 1980 sous le nom de « livre rouge », aboutit à la commercialisation du CD en 1982 — avec, une nouvelle fois, un lecteur Sony (le CDP-101) le premier sur le marché.
Aujourd’hui
L’activité audio ne représente plus qu’une part de Sony, aujourd’hui présent dans le jeu vidéo (PlayStation), le cinéma, la musique et les capteurs d’image. L’entreprise reste cotée en bourse et indépendante, sans jamais avoir changé de groupe propriétaire depuis sa fondation en 1946.
