Akai

Logo de la marque Akai
Marque Origine Création Spécialités Modèles emblématiques
Akai Japon (Tokyo) 1929 Magnétophones à bobines, tuners, matériel professionnel GX-635D

À retenir

Akai est, avec 1929 pour date de naissance, l’une des toutes premières entreprises électroniques japonaises traitées sur ce site — antérieure de plusieurs décennies à la quasi-totalité des marques déjà couvertes. Elle a bâti sa réputation sur le magnétophone à bobines, avant de connaître un effondrement financier spectaculaire à la charnière des années 2000, dans les mêmes circonstances troubles que Sansui, déjà traitée sur ce site.

Des moteurs de tourne-disques au magnétophone (1929-1954)

Masukichi Akai et son fils Saburo fondent en juillet 1929, dans l’arrière-cour de leur maison de Tokyo, un atelier de composants radio. Saburo, formé le soir à l’ingénierie électrique, développe dans les années 1930 des moteurs électriques qui attirent l’attention d’un fabricant de projecteurs 16mm. La guerre interrompt tout : Masukichi vend l’ensemble de son matériel à la société Sawafuji Electric, où Saburo travaille ensuite comme ingénieur. En 1947, ce dernier rachète l’usine familiale de Kamata et fonde officiellement l’Akai Electric Company, d’abord spécialisée dans les moteurs de tourne-disques.

L’âge d’or du magnétophone à bobines (1954-1973)

Magnétophone à bobines Akai GX-635D
Akai GX-635D (1978-1979), magnétophone à bobines à têtes en verre et cristal de ferrite, auto-reverse

En 1954, un distributeur américain défie Akai de reproduire, en moins cher, un magnétophone Ampex qu’il leur a envoyé : le résultat, l’AT-1, marque l’entrée de la marque sur le segment qui définira son identité. En 1962, Akai licencie auprès du norvégien Tandberg la technologie « Cross Field », qui améliore la réponse en fréquence. Les décennies suivantes voient naître la série GX, dotée de têtes en verre et cristal de ferrite bien plus résistantes à l’usure que les têtes métalliques classiques — dont le GX-635D illustré ci-dessus, l’un des modèles les plus aboutis de la gamme. En 1973, Saburo Akai meurt dans un accident de ski, laissant l’entreprise sans son principal architecte.

Tuner Akai AT-2200
Tuner Akai AT-2200, une déclinaison de la gamme électronique qui accompagnait les magnétophones de la marque

Akai Professional et le tournant numérique

Enregistreur sur disque dur Akai DR8
Akai DR8, enregistreur professionnel sur disque dur, issu de la division Akai Professional

Une division dédiée au son professionnel, Akai Professional, voit le jour au tournant des années 1980, avec pour premier appareil le MG1212, un enregistreur 12 pistes utilisant des cartouches proches du format VHS. Cette branche évolue ensuite vers l’enregistrement numérique sur disque dur, comme le DR8 illustré ci-dessus, avant de devenir mondialement connue dans les studios de musique électronique et de hip-hop pour sa gamme d’échantillonneurs MPC.

L’effondrement (1987-2000)

Akai quitte l’activité hifi grand public dès 1991. Sur le plan capitalistique, l’entreprise passe sous le contrôle de Mitsubishi Electric entre 1987 et 1994, puis de la holding International Semi-Tech Microsystems. À son apogée à la fin des années 1990, l’ensemble Akai Holdings emploie 100 000 personnes pour un chiffre d’affaires annuel d’environ 5,2 milliards de dollars. En 1999, la propriété de l’entreprise passe, dans des conditions opaques, à Grande Holdings — fondée par James Ting, alors propre dirigeant d’Akai. En novembre 2000, Akai Holdings se déclare insolvable, avec 1,1 milliard de dollars de dettes envers ses créanciers — un effondrement directement lié au scandale financier déjà évoqué sur la fiche Sansui, rachetée par le même groupe dans les mêmes années.

Aujourd’hui

Depuis 2000, le nom Akai appartient à Grande Holdings, qui continue de le concéder sous licence à des fabricants tiers — sans lien avec l’ingénierie qui avait fait la réputation de la marque durant l’ère du magnétophone à bobines.

Sources