Yamaha
| Marque | Origine | Création | Spécialités | Modèles emblématiques |
|---|---|---|---|---|
| Yamaha | Japon (Hamamatsu) | 1887 | Instruments de musique, hifi, audio professionnel | NS-1000M, A-S1200 |
À retenir
Yamaha est, de très loin, la marque la plus ancienne et la plus tentaculaire traitée sur ce site : fondée en 1887 pour réparer un harmonium, bien avant l’existence même de l’électronique audio. Son activité hifi ne démarre qu’en 1954, comme une branche parmi beaucoup d’autres — instruments de musique, motos, matériel de sonorisation professionnel. Contrairement à la plupart des marques déjà traitées, Yamaha n’a jamais changé de propriétaire ni connu de faillite : c’est une entreprise cotée, toujours indépendante, qui fête ses 138 ans d’existence en 2025.
Des harmoniums de Hamamatsu à Nippon Gakki (1887-1953)
Tout commence en juillet 1887 à Hamamatsu, quand le directeur d’une école élémentaire demande à Torakusu Yamaha — horloger et réparateur de matériel médical de formation — de réparer l’harmonium de l’établissement. Yamaha y parvient, puis se prend au jeu : il construit son propre prototype d’harmonium, qu’il porte à pied sur 250 km jusqu’à l’Institut de musique de Tokyo pour le faire évaluer. Le verdict est sévère — l’instrument est bien construit mais mal accordé, Yamaha n’étant pas musicien. Il se remet alors à l’étude de la théorie musicale et de l’accordage, avant de fonder la Nippon Gakki Company (« Compagnie japonaise des instruments de musique ») la même année. L’entreprise emploie 100 personnes et produit 250 harmoniums par an dès 1889, puis se diversifie dans le piano droit (1900), le piano à queue (1902), l’harmonica (1914) et le xylophone (1915).
La naissance du hifi et l’ère dorée (1954-1980s)
Selon la chronologie officielle de la marque, le premier lecteur Hi-Fi Yamaha date de 1954 — un moment charnière où l’entreprise applique son savoir-faire acoustique séculaire (bois, résonance, précision d’assemblage) à l’électronique naissante. L’apogée arrive en 1974 avec l’enceinte NS-1000M : dôme de médium et de tweeter en béryllium pur obtenu par dépôt sous vide, un matériau rare et coûteux encore considéré comme une référence aujourd’hui. Déclinée en version domestique (NS-1000, finition ébène) et version monitoring professionnel (NS-1000M, finition noire), elle est adoptée comme moniteur de référence par les radiodiffuseurs nationaux suédois (1976) et finlandais (1978), et se vend à plus de 200 000 exemplaires en 23 ans, avant l’arrêt de la production des dômes en béryllium et son retrait du catalogue en 1997. L’A-S1200 actuel, illustré ci-dessus, assume ouvertement cet héritage avec ses vu-mètres rétro-éclairés.
Une entreprise tentaculaire
C’est là toute la particularité de Yamaha face aux autres marques déjà traitées : la hifi domestique n’est qu’une branche parmi beaucoup d’autres. En 1955, l’activité deux-roues est scindée en une société distincte, Yamaha Motor Co. — toujours liée par la marque, mais gérée séparément. En 1966, l’entreprise se lance simultanément dans la guitare acoustique, la guitare électrique, la basse électrique et l’ampli de guitare — dont le JX55 illustré ci-dessus est un héritier direct des années 1980. En 1983, le synthétiseur DX7 révolutionne la musique électronique grâce à la synthèse FM, devenant l’un des instruments les plus vendus de l’histoire. Yamaha est aujourd’hui également un acteur majeur du son professionnel, avec ses consoles de mixage numériques utilisées dans le monde entier.
Nippon Gakki devient Yamaha Corporation (1987)
En 1987, pour son centenaire, Nippon Gakki Company adopte officiellement le nom sous lequel la marque est connue mondialement depuis : Yamaha Corporation. L’entreprise reste cotée à la bourse de Tokyo et n’a, à ce jour, jamais été rachetée ni scindée pour sa branche audio — une situation rarissime parmi les marques hifi historiques.
