Harman Kardon
| Marque | Origine | Création | Spécialités | Modèles emblématiques |
|---|---|---|---|---|
| Harman Kardon | États-Unis (Westbury, New York) | 1953 | Récepteurs, amplis, lecteurs CD | Festival D1000, 330B |
À retenir
Harman Kardon occupe une place particulière sur ce site : ce n’est pas seulement une marque historique parmi d’autres, c’est l’entreprise qui a littéralement inventé le récepteur hifi moderne — et qui, sous le nom de Harman International, est devenue la maison-mère de trois marques déjà traitées ici : Marantz, Bowers & Wilkins et Denon. Fondée en 1953 par deux transfuges d’un même employeur, l’entreprise a aussi connu l’un des épisodes les plus dramatiques de ce dossier : son propre fondateur en a un temps perdu le contrôle.
L’invention du récepteur moderne (1953-1956)
Sidney Harman, directeur général, et Bernard Kardon, ingénieur en chef, travaillent tous deux chez David Bogen Company, fabricant de systèmes de sonorisation, avant de démissionner ensemble en 1953 à la suite de désaccords avec la direction. Chacun investit 5 000 dollars pour fonder Harman Kardon à Westbury, dans l’État de New York. En 1954 sort leur premier appareil marquant, le Festival D-1000 : le tout premier récepteur hifi intégré au monde, réunissant tuner FM, préamplificateur et amplificateur de 20 watts dans un seul châssis — jusque-là, ces trois fonctions nécessitaient des appareils séparés. En 1956, Bernard Kardon prend sa retraite et revend sa part à Sidney Harman, qui devient seul à la tête de l’entreprise.
Citation et l’âge d’or (1958-1970s)
En 1958, la Festival TA230 devient le premier récepteur stéréo au monde. L’année suivante, la série Citation s’ouvre avec la Citation II, premier amplificateur à lampes à très large bande passante — une gamme qui définira une bonne partie de l’âge d’or du hifi américain. Dans les années 1960, Harman Kardon rachète plusieurs entreprises audio, dont JBL. La décennie 1970 voit l’arrivée de la célèbre série 330 (330A à 330D), dont le 330B illustré ci-dessus, reconnaissable à ses vu-mètres rétroéclairés en vert — aujourd’hui parmi les pièces vintage les plus recherchées de la marque.
La perte de contrôle : l’épisode Jerrold (1962-1980)
En 1962, Harman Kardon fusionne avec la Jerrold Corporation, une entreprise de télévision par câble. Son dirigeant, Milton Shapp, commence à s’immiscer dans la gestion de la marque, provoquant des tensions répétées avec Sidney Harman — jusqu’à ce que Shapp rachète la majorité des parts de Harman dans sa propre entreprise. Harman, désormais riche mais sans réel pouvoir sur la société qui porte son nom, se retire un temps du secteur avant d’y revenir. En 1980, la structure est réorganisée sous le nom de Harman International, qui deviendra le socle du futur groupe.
Harman International, un empire mondial (1980-2017)
Harman International entre en bourse à New York (NYSE : HAR) et devient un conglomérat mondial de l’audio, multipliant les marques et les gammes — dont le lecteur CD HD400 illustré ci-dessus, emblématique du virage numérique de la fin des années 1980. Sidney Harman dirige l’entreprise jusqu’en 2005, à 87 ans ; Dinesh Paliwal lui succède comme PDG en 2007-2008.
Aujourd’hui : filiale de Samsung, maison-mère de Marantz, B&W et Denon
En 2017, Samsung Electronics rachète Harman International, qui continue d’opérer comme filiale indépendante. C’est par cette voie que Harman devient, ces dernières années, le propriétaire de Marantz, Bowers & Wilkins et Denon — toutes trois déjà traitées sur ce site, avec leurs propres chemins de rachat qui convergent finalement ici. Harman International pèse aujourd’hui plus de 11 milliards de dollars de chiffre d’affaires et emploie environ 39 000 personnes dans le monde.
