Grundig
| Marque | Origine | Création | Spécialités | Modèles emblématiques |
|---|---|---|---|---|
| Grundig | Allemagne (Fürth, Bavière) | 1945 | Radios, magnétophones, téléviseurs, chaînes hifi | Heinzelmann, TK 145 |
À retenir
Grundig incarne, plus qu’aucune autre marque traitée ici, le redressement économique de l’Allemagne d’après-guerre : partie d’un magasin de réparation de radios à Fürth, l’entreprise de Max Grundig devient en quelques années le premier fabricant de magnétophones d’Europe. Elle a connu, comme Sansui, une chute financière sévère — mais s’en est relevée, sous pavillon turc, plutôt que de disparaître entièrement.
Max Grundig et l’astuce du poste « sans lampes » (1930-1948)
Max Grundig ouvre en novembre 1930 un magasin de radios à Fürth avec son associé Karl Wurzer. L’activité, d’abord fragile, décolle progressivement grâce aux réparations et au bouche-à-oreille. Après la guerre, alors que la production de postes de radio reste strictement contrôlée par les Alliés, Grundig contourne l’obstacle avec malice : il commercialise en kit le « Heinzelmann », un récepteur sans lampes qui, techniquement, n’est pas considéré comme un véritable poste de radio. Le succès est immédiat dans un marché de biens de consommation alors sévèrement rationné. En juillet 1948, il fonde la Grundig-Radiowerke mbH pour passer à une production de radios complètes.
Le boom de l’après-guerre et le règne du magnétophone (1948-1970s)
La réforme monétaire de 1948 déclenche une demande massive de biens de consommation, dont Grundig profite pleinement. L’entreprise lance son premier poste complet, le Weltklang, puis en 1950 le « Grundig Boy », l’un des tout premiers postes portables d’après-guerre. Mais c’est surtout sur le magnétophone que la marque bâtit sa réputation : dès les années 1950, elle revendique la première place en Europe, puis, en 1954, le titre de plus gros fabricant mondial de magnétophones. Des modèles comme le TK 145 illustré ci-dessus, ou les « Radiorekorder » combinant radio et enregistreur à cassette dans les années 1970, comme le C6200 ci-dessous, équipent des millions de foyers européens. En 1951, Grundig lance également ses premiers téléviseurs.
L’ère Philips puis la chute (fin des années 1970-2003)
Dès la fin des années 1970, le néerlandais Philips commence à racheter des parts de Grundig, jusqu’à en prendre la direction opérationnelle en 1984, puis le contrôle économique complet en 1993. Philips se retire finalement en 1998. Fragilisée par la concurrence des fabricants asiatiques à bas coûts et incapable de suivre la déflation des prix de l’électronique grand public, Grundig accumule les pertes — 150 millions d’euros rien qu’en 2001. À l’automne 2002, ses banques refusent de prolonger ses lignes de crédit ; en avril 2003, l’entreprise se déclare en faillite devant le tribunal de Nuremberg.
Renaissance sous pavillon turc (2004-aujourd’hui)
En avril 2004, la division grand public de Grundig (Home InterMedia System) est reprise conjointement par le britannique Alba plc et le turc Beko Elektronik, filiale du groupe Koç Holding, dans une coentreprise à parts égales ; la branche autoradio part de son côté chez l’Américain Delphi. En 2007, Alba revend sa moitié à Koç Holding, qui prend le contrôle intégral de la marque et la place sous l’ombrelle de sa filiale d’électroménager, Arçelik. Grundig reste aujourd’hui une marque active du groupe turc Arçelik, désormais positionnée sur l’électroménager et l’électronique grand public plutôt que sur le hifi haut de gamme qui a fait sa renommée.
